La fabrication d’un volet bois se résume à quatre étapes : mesurer l’ouverture, débiter et traiter des lames de 22 à 27 mm, les assembler sur deux ou trois traverses renforcées par une écharpe, puis poser pentures et gonds d’aplomb. Un bricoleur équipé d’une scie circulaire, d’une perceuse et de serre-joints réalise un vantail battant en un à trois jours de travail effectif, étalés sur une semaine pour respecter les temps de séchage. Le choix de l’essence et la qualité des finitions décident ensuite de la durée de vie : un volet bien conçu dure plusieurs décennies.
- Bois conseillé : douglas, mélèze, châtaignier ou chêne, ou pin traité autoclave classe 3.
- Lames : 22 à 27 mm d’épaisseur, rainurées et languetées, sur 2 ou 3 traverses.
- Jeu de fonctionnement : 2 à 3 mm tout autour, débord d’environ 2 cm en pose en applique.
- Rigidité : écharpe en Z montant du bas côté gonds vers le haut côté libre.
- Protection : traitement de toutes les faces avant assemblage, finition à rafraîchir tous les 3 à 5 ans.
Ce chantier figure parmi les classiques que nous abordons dans notre dossier Travail du bois : il mobilise des gestes simples, mais il pardonne peu les approximations de mesure ou de traitement. Voici la méthode complète, avec les repères chiffrés qui manquent souvent aux tutoriels.
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Volet battant, persienne ou coulissant : quel modèle de volet bois fabriquer
Pour une première réalisation, le volet battant à lames verticales reste le plus accessible. Il ne demande ni mortaise ni lame inclinée, et sa structure se comprend d’un coup d’œil : des lames jointives, des traverses horizontales qui les tiennent, une écharpe diagonale qui empêche l’ensemble de s’affaisser. La persienne, avec ses lames ajourées fixées dans un cadre, exige des assemblages de menuiserie plus fins et une défonceuse bien réglée. Le volet pliant (lui aussi souvent persienné) ajoute des charnières entre feuilles et convient aux tableaux profonds. Le coulissant, enfin, repose sur un rail en façade : la menuiserie est simple, mais la quincaillerie coûte plus cher et la façade doit offrir la place nécessaire.
Le nombre de vantaux dépend de la largeur. Jusqu’à 70 ou 80 cm, un vantail unique reste maniable. Au-delà, deux vantaux limitent le poids sur chaque paire de gonds, réduisent le débattement dans la rue ou sur la terrasse et diminuent le risque d’affaissement du coin libre.
Fabriquer, acheter en kit ou commander sur mesure : budget et temps de chantier
Les ordres de grandeur ci-dessous concernent un vantail d’environ 60 x 140 cm, ferrures comprises, pose non comprise. Ils varient selon la région, l’essence et le fournisseur : ils servent à arbitrer, pas à établir un devis.
| Solution | Budget indicatif par vantail | Temps de travail | Profil adapté |
|---|---|---|---|
| Fabrication maison en pin ou épicéa traité | 80 à 150 € | 1,5 à 3 jours, sur une semaine | Bricoleur équipé, budget serré |
| Fabrication maison en douglas, mélèze ou chêne | 150 à 300 € | 2 à 3 jours, sur une semaine | Bricoleur soigneux qui vise la longévité |
| Volet en kit à assembler | 150 à 350 € | Une demi-journée à une journée | Ouverture standard, peu d’outillage |
| Volet sur mesure chez un menuisier | 300 à 700 € et plus | Délai de fabrication de l’atelier | Fenêtre hors norme, façade patrimoniale |
La fabrication maison devient vraiment intéressante lorsque la fenêtre sort des cotes du commerce ou que l’on souhaite reproduire un modèle ancien. Le kit séduit par sa rapidité, mais ses dimensions figées obligent souvent à recouper, ce qui expose des fibres non traitées. Le sur-mesure, lui, permet de travailler avec un atelier local : la démarche ressemble à celle des acheteurs qui passent par les circuits du mobilier fait main france, avec un interlocuteur qui connaît le bois qu’il travaille et peut le réparer plus tard.
Quel bois choisir pour un volet extérieur qui dure
Un volet relève de la classe d’emploi 3 : exposé aux intempéries, sans contact permanent avec le sol. Le bois doit donc soit être naturellement durable pour cet usage (duramen, sans aubier), soit recevoir un traitement adapté. Privilégier un bois massif bien sec plutôt qu’un panneau reconstitué : le contreplaqué extérieur existe, mais il vieillit mal sur les chants et se répare difficilement.
| Essence | Densité approximative | Comportement à l’humidité | Atouts et limites |
|---|---|---|---|
| Pin sylvestre traité autoclave | 500 à 550 kg/m³ | Correct si le traitement pénètre bien | Économique, nœuds fréquents, toute coupe doit être retraitée |
| Épicéa ou sapin | 430 à 470 kg/m³ | Sensible sans protection soignée | Léger et facile à travailler, durabilité naturelle faible |
| Douglas (sans aubier) | 520 à 550 kg/m³ | Bonne stabilité | Bon compromis, largement produit en France, notamment dans le Massif central |
| Mélèze | 580 à 620 kg/m³ | Très bonne tenue extérieure | Résineux et nerveux, avant-trous indispensables |
| Châtaignier | 580 à 600 kg/m³ | Naturellement résistant | Tanins qui tachent l’acier non protégé, visserie inox conseillée |
| Chêne | 700 à 750 kg/m³ | Durable, mais travaille si mal séché | Noble et robuste, plus lourd et plus cher |
Les bois exotiques comme l’ipé, l’iroko ou le teck résistent remarquablement, mais leur traçabilité varie beaucoup. Une certification PEFC ou FSC apporte une garantie sur la gestion forestière ; pour rester dans une logique de circuit court, le douglas, le mélèze et le châtaignier français couvrent sans difficulté les besoins d’un volet. Le marquage « classe 3 » ou « classe 4 » figure sur les bois traités vendus en négoce : vérifiez-le avant d’acheter.
Sections, outillage et ferrures pour un volet battant en bois
Avant la première coupe, rassemblez les pièces et l’outillage. Les sections ci-dessous correspondent à un vantail courant jusqu’à 1,60 m de haut.
| Pièce | Section conseillée | Quantité pour un vantail de 60 x 140 cm |
|---|---|---|
| Lames à volet rainure et languette | 22 à 27 mm x 90 à 130 mm | 5 à 7 lames de 1,40 m |
| Traverses horizontales | 27 à 32 mm x 100 à 140 mm | 2 traverses (3 au-delà de 1,60 m) |
| Écharpe diagonale | Même section que les traverses | 1 par intervalle entre traverses |
| Vis inox A2 (A4 en bord de mer) | 5 x 40 à 5 x 50 mm | 40 à 60 vis |
| Pentures et gonds | Gond de 14 à 16 mm selon le poids | 2 paires (3 si vantail haut ou lourd) |
Côté outils, prévoyez un mètre ruban, une équerre de menuisier, un crayon, une scie circulaire avec guide (ou une scie sauteuse à défaut), une ponceuse et des abrasifs grain 80 puis 120, une perceuse visseuse avec forets à bois et fraise conique, quatre serre-joints au minimum, un niveau à bulle et un maillet. Pour la pose, ajoutez une perceuse à percussion, des forets béton et le matériel de scellement.
La sécurité mérite plus qu’une ligne. Portez des lunettes et une protection auditive à chaque coupe, travaillez sur une pièce bridée par serre-joints et jamais tenue à la main, et retirez les gants à proximité d’une lame en rotation pour éviter qu’ils soient happés. Les poussières de bois, en particulier celles des feuillus comme le chêne, sont reconnues nocives : un masque FFP2 et un aspirateur branché sur la ponceuse s’imposent, surtout lors du ponçage de bois déjà traités.
Prendre les mesures de la fenêtre avant la fabrication du volet
Une mesure fausse ne se rattrape pas après assemblage. Relevez la largeur du tableau en trois points (haut, milieu, bas) et la hauteur des deux côtés, puis retenez la plus petite valeur de chaque série. Mesurez aussi les deux diagonales : un écart de plus de 5 mm révèle une ouverture hors d’équerre.
Pose en applique ou pose en tableau
En pose en applique, le volet se rabat contre la façade et recouvre l’ouverture. On ajoute alors environ 2 cm de débord sur toute la périphérie, soit 4 cm de plus en largeur et en hauteur que le tableau. En pose en tableau, le volet se loge dans l’embrasure, souvent contre une feuillure : on retire cette fois 2 à 3 mm de jeu de fonctionnement tout autour, afin que le bois puisse gonfler l’hiver sans frotter.
Calculer deux vantaux qui se rejoignent bien
Pour une paire de volets, partez de la largeur totale à couvrir, retirez 3 à 4 mm de jeu au battement central, puis divisez par deux. Exemple pour un tableau de 100 cm posé en applique : 100 + 4 = 104 cm, moins 4 mm, soit deux vantaux de 51,8 cm. Le même calcul s’applique à la hauteur, sans division.
Ouverture irrégulière ou mur de guingois
Sur une maison ancienne, le tableau est rarement d’équerre. En pose en tableau, reportez la forme réelle de l’ouverture sur un gabarit en carton ou en contreplaqué mince, puis découpez le volet d’après ce gabarit. En applique, le débord absorbe en partie l’irrégularité, mais les gonds devront être calés pour rester dans un même axe vertical.
Découper, acclimater et préparer les lames de volet
Le bois de menuiserie extérieure se travaille autour de 15 % d’humidité. Une table basse en bois massif vit dans un salon à hygrométrie stable ; un volet, lui, passe du soleil d’août au brouillard de novembre. Stockez donc les lames à plat, sur cales espacées de 40 à 50 cm, dans un local ventilé et abrité, pendant une à deux semaines avant de couper. Cette acclimatation limite le voilage et les fentes après assemblage.
Débitez ensuite les lames à la longueur voulue avec la scie circulaire guidée, en contrôlant l’équerrage de chaque coupe. Si le bois n’est pas raboté, il faut le dégauchir et le calibrer pour obtenir des lames planes et de même épaisseur, sans quoi le panneau présentera des marches. Délignez la première et la dernière lame pour retirer la languette et la rainure apparentes et obtenir des chants propres. Poncez au grain 80 puis 120, cassez légèrement les arêtes (un chanfrein de 1 à 2 mm suffit) : la peinture tient mal sur un angle vif et les échardes disparaissent.
Appliquez alors le traitement de préservation antifongique et insecticide sur toutes les faces, rainures et bois de bout compris. Une fois le panneau assemblé, ces zones deviennent inaccessibles, alors que ce sont elles qui boivent l’eau.
Assembler les lames, les traverses et l’écharpe en Z
Disposez les lames face extérieure contre un plan de travail plat, emboîtez-les sans forcer et serrez-les avec les serre-joints. Laissez un très léger jeu dans les rainures : les lames doivent pouvoir gonfler sans se soulever. Ne collez jamais les lames entre elles, le panneau doit rester libre de travailler.
- Tracez l’emplacement des traverses à environ 10 cm des chants haut et bas, là où viendront les pentures.
- Vérifiez l’équerrage du panneau en mesurant ses deux diagonales, qui doivent être égales.
- Posez les traverses, percez des avant-trous d’un diamètre proche de 70 % de celui de la vis, puis fraisez pour noyer les têtes.
- Vissez chaque lame sur chaque traverse avec deux vis, en quinconce, depuis la face intérieure.
- Présentez l’écharpe entre les traverses, tracez ses coupes d’onglet directement sur le panneau, découpez-la et vissez-la à son tour sur chaque lame.
Le sens de l’écharpe est décisif. Elle part du bas côté gonds et monte vers le haut côté libre : elle travaille alors en compression et soutient le coin qui a tendance à descendre. Posée à l’envers, elle n’empêche rien et le volet finit par frotter sur l’appui. Certains menuisiers ajoutent une colle polyuréthane classée D4 entre traverse et lame ; d’autres préfèrent le clouage traditionnel à clous rivés. Les deux fonctionnent si la visserie est inox et les avant-trous systématiques.
Rigidifier un volet en bois sans Z
L’écharpe n’est pas la seule façon de contreventer un vantail. Le volet à cadre, avec montants et traverses assemblés à tenon et mortaise et lames prises en feuillure, reste indéformable et donne un aspect plus fini. Les emboîtures, des traverses rapportées en bout de lames haut et bas, conviennent aux volets pleins des façades anciennes. On peut aussi doubler les traverses par des barres à queue d’aronde encastrées, ou fixer des équerres métalliques discrètes dans les angles côté intérieur. Ces solutions demandent plus de technique ou de quincaillerie, mais libèrent la face intérieure lorsque le Z ne s’accorde pas avec le style de la maison.
Traitement antifongique, lasure ou peinture : protéger le volet bois
Après le traitement de préservation déjà appliqué en amont, la finition protège des UV et de la pluie. Le choix tient autant à l’esthétique qu’au temps d’entretien que l’on accepte.
- Peinture microporeuse extérieure : la plus couvrante, elle laisse respirer le bois et donne le choix des couleurs de façade. Rafraîchissement tous les 3 à 5 ans selon l’exposition.
- Lasure : elle conserve le veinage, filtre les UV et se reprend sans décapage. Comptez 2 à 4 ans entre deux couches sur une façade sud.
- Saturateur : il pénètre sans former de film, idéal sur mélèze ou douglas laissés d’aspect naturel, mais il se renouvelle chaque année ou tous les deux ans.
Appliquez une couche d’impression ou une première couche de finition avant la pose, puis les couches suivantes une fois le volet accroché, en insistant sur le chant bas et les bois de bout. Respectez les temps de séchage annoncés par le fabricant : c’est ce qui étale le chantier sur plusieurs jours. Avant de fixer la teinte, renseignez-vous sur le plan local d’urbanisme : dans certaines communes ou à proximité d’un monument historique, la couleur des volets est encadrée et un changement d’aspect de façade peut nécessiter une déclaration préalable en mairie. En copropriété, le règlement fixe souvent le modèle et le coloris.
Poser les pentures et les gonds d’aplomb
Le poids du vantail guide le choix des ferrures. Calculez-le simplement : volume de bois multiplié par la densité. Un vantail de 60 x 140 cm en douglas de 27 mm, traverses et écharpe comprises, pèse environ 15 kg ; le même en chêne approche 20 kg. Jusqu’à 20 ou 25 kg et 1,60 m de haut, deux pentures droites avec gonds de 14 mm suffisent. Au-delà, passez à des gonds de 16 mm et ajoutez une troisième penture au milieu.
Fixez les pentures sur les traverses, de préférence par boulons traversants à tête ronde et collet carré, plus fiables que de simples vis dans le temps. L’œil de penture doit dépasser légèrement le chant côté gonds. Présentez ensuite le volet calé à sa place, repérez la position des gonds, et percez la maçonnerie.
Sur un mur plein, le scellement chimique offre la meilleure tenue : injectez la résine dans un trou dépoussiéré, enfoncez le gond, contrôlez l’aplomb au niveau et attendez la prise complète avant d’accrocher le vantail. Les deux gonds d’un même vantail doivent être parfaitement dans le même axe vertical, sinon le volet se rouvre ou se referme tout seul. Sur une façade isolée par l’extérieur, par exemple avec un système armaterm zolpan, les gonds standards ne suffisent plus : il faut des gonds longs ou des platines déportées ancrés dans le mur porteur, à travers l’isolant, pour ne pas écraser ce dernier ni créer d’infiltration.
Terminez par les arrêts de volet (arrêt à bascule, tête de bergère ou arrêt marseillais) qui maintiennent le vantail ouvert contre le vent, puis par la fermeture : crochet intérieur, crémaillère ou espagnolette. Faites plusieurs essais d’ouverture et de fermeture, et vérifiez le jeu au battement avant de serrer définitivement.
Contrôler et entretenir son volet bois saison après saison
La première saison humide sert de test. Au printemps suivant la pose, vérifiez que le volet ne frotte pas, que l’écharpe n’a pas bougé et que les vis restent serrées : le bois a pu se rétracter légèrement après un premier cycle de gonflement. Un coup de rabot sur un chant qui frotte se fait volet décroché, suivi immédiatement d’une retouche de traitement et de finition sur la coupe.
Ensuite, une routine annuelle suffit : lavage à l’eau savonneuse et brosse douce, contrôle des pentures et des gonds, une goutte d’huile sur les axes, inspection du chant bas et des coins, où l’eau stagne. Dès qu’une fissure de peinture apparaît, ponçez localement et reprenez la zone sans attendre la rénovation complète. Un volet en bois massif se répare lame par lame, ce que ni le PVC ni l’aluminium ne permettent : c’est l’un de ses meilleurs arguments dans une logique de consommation durable.
Fabrication d’un volet bois : réponses aux cas particuliers
Combien de temps prévoir pour fabriquer un volet battant en bois ?
Comptez une à deux semaines d’acclimatation du bois, puis un à trois jours de travail effectif par vantail : découpe, ponçage et traitement le premier jour, assemblage le deuxième, finition et pose ensuite. Les temps de séchage des produits étalent le tout sur une semaine environ.
Un volet bois sans écharpe risque-t-il de s’affaisser ?
Un simple panneau de lames sur deux traverses finit généralement par descendre côté libre. Sans écharpe, il faut une autre forme de contreventement : volet à cadre assemblé, emboîtures, barres à queue d’aronde ou équerres métalliques dans les angles.
Faut-il une autorisation pour installer des volets en bois neufs ?
Remplacer des volets à l’identique ne demande généralement aucune formalité. Un changement de modèle, de matériau ou de couleur modifiant l’aspect de la façade peut en revanche exiger une déclaration préalable, surtout en secteur protégé. La mairie et, le cas échéant, le règlement de copropriété font foi.
Comment savoir si mes gonds supporteront le poids du vantail ?
Estimez le poids en multipliant le volume de bois par la densité de l’essence. Jusqu’à 20 ou 25 kg, deux gonds de 14 mm scellés dans un mur plein conviennent. Au-delà, ou pour un vantail de plus de 1,60 m, choisissez des gonds de 16 mm et une troisième penture.
Un volet en bois améliore-t-il l’isolation de la fenêtre ?
Un volet plein fermé crée une lame d’air devant le vitrage, ce qui réduit les déperditions nocturnes en hiver et la surchauffe en été, tout en atténuant un peu les bruits extérieurs. Il ne remplace pas une fenêtre performante, mais complète utilement l’occultation et le confort, d’autant que le bois est peu conducteur.
